Le Parisien Yvelines (30.06.2007) : Les sans domicile de la Coudraie seront relogés
Est-ce la sortie de crise tant attendue ? Hier et pour la première fois, le collectif des habitants de la Coudraie et les 38 familles de SDF qui campent depuis un mois à Poissy ont entrevu une lueur d'espoir. A l'issue de deux réunions, jeudi soir en préfecture et vendredi matin en sous-préfecture à Saint-Germain-en-Laye, l'Etat a proposé au collectif et à l'association Droit au logement (DAL) un protocole d'accord pour mettre fin au conflit qui les oppose depuis 2003 au maire. Trois propositions ont été faites.Les sans-domicile relogés. Christian de Lavernée, le préfet des Yvelines, s'est engagé à proposer une offre de logement définitif dans les six mois aux sans-logis de la Coudraie. « Une avancée », estime le DAL. Reste une pierre d'achoppement : leur relogement provisoire. L'Etat a réitéré son opposition à la réquisition des appartements vides du quartier, réclamée par le DAL. « Ce serait mettre en péril le projet de rénovation urbaine actuellement à l'étude », indique Rollon Mouchel-Blaisot, le sous-préfet. « L'Etat ne veut pas créer d'antécédents sur la question de la réquisition des habitations vides », estime Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL, qui maintient sa position : « Pourquoi ne réhabilite-t-on pas ces tours au lieu de les détruire ? »
Tous les projets de rénovation seront étudiés. C'est un geste fort envers les habitants de la Coudraie hostiles au projet du maire UMP, Jacques Masdeu-Arus, d'implanter un hôpital à la place de leurs HLM. « Il existe des scénarios alternatifs. L'idée de construire l'hôpital en y intégrant une centaine de logements sera étudiée, comme celle de construire l'hôpital ailleurs. Toutes les solutions seront soumises à la concertation », précise Rollon Mouchel-Blaisot, le sous-préfet. Pour susciter l'adhésion des habitants, une exposition présentant ces différents projets aura lieu dans la deuxième quinzaine de septembre à la Coudraie. « Jusqu'à présent, les aspirations des habitants n'avaient pas été prises en compte. Ce n'est plus le cas désormais », s'est réjoui hier Mohamed Ragoubi, un militant du collectif.
L'école restera ouverte l'an prochain. C'était une des principales attentes des 120 habitants du quartier et des familles de sans-logis. L'école ouvrira l'an prochain dans les mêmes conditions que cette année. Hier, Mohammed Bouznada, le président du collectif, s'est dit « satisfait » : « Nous nous félicitons de l'esprit d'ouverture des représentants de l'Etat et des différents partenaires. » « Ils entrouvrent la porte à des projets alternatifs. C'est plus positif que de dire, comme l'a fait le maire en 2003 : On va raser la cité ! Mais nous restons vigilants », commentait de son côté Jean-Baptiste Eyrault, le président du DAL. Hier, le maire UMP de Poissy, Jacques Masdeu-Arus, est resté injoignable.
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