Plan de soutien à l'industrie automobile
Interventions et explications de vote par Eddie Aït
Notre Région est le premier pôle de l'industrie automobile française et l'un des principaux à l'échelle mondiale. Avec 56 070 emplois directs en Ile-de-France soit 12% de l'emploi industriel régional, une production qui représente 29% de la production française, l'enjeu de ce débat dépasse donc notre région et à fortiori le territoire des Yvelines. En ce sens la volonté exprimée lors de la commission permanente d'avril dernier de proposer, au-delà de nos dispositifs actuels, au-delà des urgences, une ambition renouvelée pour le secteur automobile francilien, justifiait que l'on ne se limite pas à une approche départementale de la problématique.
L'intervention publique est ici essentielle car le développement de la voiture de demain, respectueuse de l'environnement, ne se fera pas aux seules conditions du marché. L'enjeu est pourtant capital : 59% du bilan carbone de la Région Île-de-France est issu du parc automobile.
En ces temps de crise, la Région à donc un rôle particulier à jouer, pour tenter de reconvertir durablement les personnes, par des formations débouchant sur des emplois de demain, analysés au niveau des filières et des bassins d'emploi. Et ce parce que ses champs de compétence l'y invitent :
- La formation professionnelle avec notamment l'élaboration prochaine d'un schéma régional des métiers de l'automobile et des mobilités,
- La recherche avec par exemple le plan filière régional autour du pole MOVEO,
- Le développement économique avec notamment le dispositif PM'UP
Mais plus encore parce qu'elle est le bon échelon pour dépasser l'urgence et entrevoir, à travers un constat partagé, un nouveau modèle économiquement pérenne et écologiquement exemplaire pour ce secteur. En ce sens le choix d'un scénario d'intervention intermédiaire entre impératif économique à moyen terme et l'impératif environnemental, afin d'associer dans le temps ces deux dimensions, est des plus pertinents.
Mais ne sous estimons pas l'impact social de ce que nous faisons. A travers la perspective environnementale nous proposons une voie pour la reconversion d'un secteur d'emploi durement touché par la crise. Sur la seule ville de Poissy ce sont 700 emplois intérimaires qui ont été supprimés par PSA. L'adaptation de nos dispositifs de formation professionnelle est donc primordiale. Elle doit permettre de faciliter le retour à l'emploi durable de ceux qui souffrent de cette précarité. De plus c'est parce que la main d'œuvre francilienne répondra à des objectifs d'excellence sur des secteurs innovants que nous lutterons efficacement contre certaines délocalisations, et resterons attractifs.
Je vous remercie.